
Thalassa
Lune glacée à océan souterrain
Aucun soleil n'atteint l'océan de Thalassa : son ciel est la face inférieure de dix kilomètres de glace, sa chaleur le lent flexion des marées et le feu des sources hydrothermales. L'énergie remonte d'en bas sous forme de neige chimiosynthétique, et la vie pend au plafond gelé en constellations lumineuses. Le Voile-lanternier pêche cette éternelle obscurité avec sa propre lumière, dans une mer qui n'a jamais connu l'aube.
La vie sur Thalassa · 4 espèces


Le Tisserand de Tapis Thermique (*Chemosynthesia filamentum*) s'ancre sous forme de rubans translucides aux sources hydrothermales de Thalassa, où des récepteurs internes spécialisés oxydent les panaches de sulfures en biomasse organique vitale. Ces producteurs primaires délicats et filiformes constituent le fondement solitaire du réseau trophique benthique souterrain, prospérant dans une obscurité absolue en convertissant l'énergie géochimique directement en tissu vivant sans lumière solaire. Leurs cycles rythmiques de contraction thermique fonctionnent comme des pompes biologiques, aspirant l'eau riche en nutriments vers le haut à travers leurs matrices semi-perméables. Ce mouvement continu ensemence la colonne d'eau sombre de détritus microscopiques, soutenant divers organismes filtreurs et propulsant l'ensemble de l'écosystème lunaire, du sol des sources jusqu'au plafond de glace au-dessus.

Glaciflux appendiculatus, ou Brouteurs de Glaçipendules, pendent en chaînes sinueuses sous la croûte glacée de Thalassa, leurs corps gélatineux suspendus dans la douce gravité de 0.14g de cette lune. Ces filtreurs possèdent des squelettes hydrostatiques de faible masse qui ne nécessitent aucune nage active ; ils dérivent ainsi passivement au sein des courants sous-glaciaires. Chaque segment arbore une structure en cloche ciliée conçue pour tamiser les particules chimiosynthétiques et les tissus en décomposition du Voile-Lanterne depuis la colonne d'eau sombre sus-jacente. Agissant comme des détritivores essentiels, ces brouteurs traitent la neige organique tombant à travers les fissures de glace, recyclant les nutriments dans l'écosystème sans dépense énergétique significative. Leurs formes translucides scintillent faiblement dans la pénombre, créant un rideau vivant de régénération. En récoltant efficacement la biomasse dérivante, ils soutiennent le fragile réseau trophique de la lune tout en restant parfaitement adaptés aux profondeurs silencieuses et glacées de leur monde gelé.

Le Chasseur d'Ombre des Fumeurs (Thermovora silens) reste presque invisible contre le basalte noir près des sources hydrothermales de Thalassa, sa forme hexapède se fondant parfaitement dans le fond océanique d'obsidienne. Ce prédateur à l'affût détecte les infimes gradients thermiques et les variations de pression pour traquer les tisserands de tapis et les petits brouteurs avant de frapper avec une précision létale depuis l'obscurité. Son corps segmenté est renforcé par des dépôts denses de silice, créant une armure capable d'écraser les carapaces de crustacés tout en annulant les coûts de flottabilité dans les courants à haute pression. En tant qu'espèce clé de voûte, T. silens régule les populations d'invertébrés benthiques, assurant la stabilité de l'écosystème au sein de l'océan souterrain de la lune sans dépenser d'énergie pour la navigation verticale.
Données du monde
- Étoile
- aucune — chaleur tidale
- Gravité
- 0.14 g
- Moyenne
- eau liquide, obscurité totale
- Coquille
- 10 km de glace